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Paroisse Notre-Dame-de-Foy - Vie chrétienne

Mot d'adieu du Père Paul Karim, le 5- 6 septembre 2009
Frères et soeurs, chers amis,

Inspiré par l'Année de saint Paul et celle du Sacerdoce, avec vous, aujourd'hui, permettez-moi de me souvenir. Me souvenir de mes dix belles années, passées dans la paroisse Notre-Dame-de-Foy. Je pense en premier a mes plus proches collaborateurs, mes confrères les prêtres: Pierre-André Founier, homme de Dieu extraordinaire, devenu évêque de Rimouski, Jean-Léon Carette, Claude Jobin, Pierre Castonguay, Roger Labbé, et l'équipe presbytérale actuelle Gaétan Proulx, Patrice Breton, Armand Gagné et Claude Préfontaine ainsi que notre diacre Maurice Pelletier.

Je pense aussi aux nombreux agents et agentes de pastorale, stagiaires, marguilliers, gérants, secrétaires, sacristains, ouvriers, membres des divers comités, groupes de prières, scouts, Chevaliers de Colomb, et les centaines et centaines de bénévoles dans tous les domaines. Quel bon monde et quelle richesse pour une paroisse qui se veut vivante et missionnaire! Chers amis, avec ce bon monde, je peux dire que, avec la grâce de Dieu, j'ai toujours fait ma part, de mon mieux, par un service de pasteur, avec une collaboration fraternelle et une approche orientale.

Permettez-moi d'évoquer aujourd'hui, en même temps, le souvenir de ces nombreux enfants que j'ai eu la joie de baptiser, toujours par immersion, bien sûr. Me reviennent aussi à l'esprit les centaines de jeunes que j'ai eu la joie de préparer aux sacrements de ['initiation chrétienne, le pardon, 1'eucharistie et la confirmation, et avec qui j,ai célébré longtemps des messes familiales et, à Noël, des crèches vivantes.

En pensant aux adultes, puis-je oublier les nombreux jeunes couples que j'ai prépares et avec qui j'ai célébré leur union dans le sacrement du mariage? Me revient à l'esprit aussi le souvenir douloureux de ces funérailles où j'ai célébré avec les familles le départ d'un être cher, membre, parent ou ami, et où moi-même j'ai parfois versé des larmes de compassion. Sans compter les messes dominicales et en semaine où toujours une application pratique actualisait le message évangélique. Ce message n'était pas non plus absent aux réveillons de Noël ni chaque Jeudi Saint, lors du Chemin de croix mimé. Même en donnant à chacun le sens de son prénom, je visais un objectif pastoral : donner à tous une motivation et un engagement. Les visites à domicile, sur appel, visaient le même objectif.

Chers amis, vous comprenez que je ne peux m'empêcher de parler aussi de la couleur orientale que je donnais à certaines de mes célébrations. Croyant fortement à la dimension universelle de l'Église et étant d'origine libanaise et byzantine, c'était plus fort que moi. Je ne peux pas non plus ne pas mentionner aussi les Divines Liturgies byzantines célébrées dans la paroisse, avec une chorale orientale venue de Montréal, à l'occasion du Noël de partage, en décembre, et à l'occasion de la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens, en janvier, avec la chorale de Ste-Geneviève. L'ouverture à l'Orient chrétien s'était maintenue aussi grâce à des rencontres et des causeries avec diapositives.

En évoquant le souvenir de tout ce monde merveilleux, ainsi que mon vécu avec eux, vous comprenez avec moi pourquoi vous avez permis à mon cœur de grandir, en me considérant toujours comme un « frère universel », à la suite du bienheureux Charles de Foucauld. Vous comprenez aussi avec moi combien mon cœur est affecté par mon départ, dû uniquement, m'a-t-on affirmé, à la nouvelle situation dans la paroisse, quatre églises au lieu de cinq.

Chers amis, je vous ai aimés avec le cœur du Christ, notre Sauveur. Je continuerai à vous aimer toujours. À l'occasion de mon 50e sacerdotal, je vous ai laissé un souvenir, mon dernier livre: À la grâce de Dieu. Je compte beaucoup sur vos prières. Personnellement je ne vous oublierai jamais et e tout cœur je vous dis : Merci !

Père Paul Karim

Homélie de Samedi- Dimanche, le 5-6 septembre 2009
Sourds et muets

En parlant de l'infirme dans l'Évangile du jour, on nous dit : « Ses oreilles s'ouvrirent et il parlait correctement ». Pourquoi ce changement ? Parce que l'infirme a été touché par Jésus. Touché par Jésus! Quelle délicatesse et quel beau signe sensible d'amour et de tendresse, de la part de Jésus! Un peu comme dans les sacrements. En effet un sacrement est justement un signe sensible et sacré par lequel Jésus nous touche pour nous donner Dieu. Et ainsi quand quelqu'un entend bien, quand il voit clair et quand il parle correctement, il a sûrement Dieu en lui. C'est le fruit de tout sacrement.

Chers amis, nous-mêmes, nous arrive-t-il parfois de nous sentir touchés par Jésus? Dieu vient de nous parler, à l'instant. L'avons-nous vraiment entendu ? Avons-nous bien compris son message ? Il est vrai que quand Dieu parle, il parle bas et très doucement. C'est sa façon de parler, toujours au niveau du cœur. Si donc on ne l'a pas bien compris, c'est parce que nous avons été distrait et qu'on a oublié qu'il s'adressait à nous personnellement. Chers amis, pour bien entendre et comprendre Dieu, nous avons à faire silence en nous et à écouter avec notre cœur. Ce cœur à cœur entre Dieu et nous doit faire le bonheur de tout vrai chrétien.

Jésus vient de guérir un sourd-muet. Nous-mêmes on peut être sourd et muet dans la vie de chaque jour, sans nous en rendre compte. Quelques exemples : Quand je reste indifférent à la souffrance d'un ami ou d'un malade, je suis sourd et muet. Quand je fais la sourde oreille devant un service demandé ou un appel au secours, je suis encore sourd et muet. Quand je me comporte en sorte que la conversation devienne un dialogue de sourds, là aussi je suis sourd et muet. Quand je suis passif et inactif devant une interpellation chrétienne, je suis sûrement sourd et muet. Dans toutes ces situations, j'ai absolument besoin de recourir au Christ pour me laisser toucher par lui afin de guérir de ma surdité et de mon mutisme.

Il y a des fois où on préférerait être plutôt sourd pour ne pas entendre, par exemple, les explosions destructives des attentats, les portes claquées devant les plus démunis ou les calomnies contre des responsables civils ou religieux. Par contre on n'aimerait pas du tout être sourd pour pouvoir entendre un Jean-Paul II dire à une personne handicapée qui lui demandait de la guérir : « Ma fille, le pape a besoin de toi », ou nous rappeler ces paroles, encore de Jean-Paul II, lors de sa visite chez nous, en septembre 1984, et qui résonnent encore dans le ciel de Québec : « N'acceptez jamais le divorce entre la foi et la culture ».

Chers amis, quand Jésus dit à l'infirme : « Ouvre-toi », il s'adressait en même temps à chacun et chacune de nous. Oui, le Christ nous dit encore aujourd'hui: Ouvre-toi. Ouvre-toi à ton prochain, quel qu'il soit, c'est ton frère ou ta sœur ; ouvre-toi à l'Orient chrétien, c'est la dimension universelle de l'Église ; ouvre aussi ta maison pour accueillir, surtout l'étranger ; ouvre tes deux bras pour saluer, partager et bénir ; ouvre le chemin de ton cœur pour aimer, comprendre, écouter, parler et aller en mission, vers ceux et celles qui ont besoin de ton témoignage, spécialement les jeunes qui ont perdu la foi ou la joie de vivre.

Alors et alors seulement, comme dit le prophète Isaïe : « S'ouvriront les yeux des aveugles et les oreilles des sourds. Alors le boiteux bondira comme un cerf, la bouche du muet criera de joie et l'eau jaillira dans le désert ». De la sorte, et dorénavant, on peut espérer que notre écoute de la Parole de Dieu devienne plus attentive, que notre désir de conversion devienne plus sérieux, que notre audace pour dénoncer le mal devienne plus courageuse, que notre engagement paroissial devienne plus passionné et que notre nouvelle année pastorale devienne plus vivante et plus missionnaire. Amen !

Père Paul Karim